De 1845 à 1902, le canton de Broughton, indiqué sur la carte de Gale et Duberger dès 1795
et proclamé en 1800, a constitué une municipalité dont le territoire a été plusieurs fois morcelé. Succédant à la mission
du Grand-Broughton, ainsi dénommée au milieu du XIXe siècle, celle de Sacré-Coeur-de-Jésus, établie dès 1871 et
devenue paroisse en 1881, fut érigée en municipalité en 1902, couvrant alors la plus grande partie du canton.
Dès
1908 allait s'en détacher, en son centre, la municipalité du village de Sacré- Coeur-de-Jésus, comprenant dès le début
deux agglomérations, l'une autour de l'église, l'autre autour de la station de chemin de fer du Quebec Central. L'usage
courant véhiculant la forme East Broughton, on procédait, en 1931, à la modification dénominative en faveur de cette dernière.
Centre agricole et commercial très actif, la municipalité a surtout été connue par l'exploitation des mines d'amiante qui,
jusqu'en 1958, ont employé pratiquement toute la main-d'oeuvre locale, concentrée principalement dans ce que l'on
appelait alors le village de La Station ou, en abrégé, Le Village, par opposition au village de L'Église.
Le village de La Station situé autour d'une gare s'est rapidement développé. Doté de son propre bureau de poste
dès 1899, de son école et, à un moment donné, de services religieux tous les jours sauf le dimanche, ce village a
été très actif sur le plan des affaires et du commerce surtout dans les années 1910-1920 alors que les mines
employaient près de 800 personnes, des Broughtonnois pour la plupart, dans l'extraction, le traitement et l'expédition
de l'amiante.
Le déclin se produisait déjà en 1958, en raison de la fermeture de la mine d'amiante de la Quebec
Asbestos, établie en 1896. Après cette date et jusqu'en 1986, les mineurs broughtonnais durent se déplacer
quotidiennement, toujours dans le canton mais dans la municipalité voisine de Tring-Jonction. Entre-temps
cependant, en 1954, East Broughton Station allait acquérir son autonomie sur le plan municipal.
Dans le nom de cette municipalité, l'utilisation du point cardinal s'explique par le fait que Saint-Pierre-de-Broughton occupe
la partie ouest du canton et a longtemps d'ailleurs été désignée sous le nom de West Broughton, alors qu'East Broughton
se retrouve dans la partie est du même territoire.
Par ailleurs, la petite gare de Broughton Station (ou Leeds Station)
a incité les autorités ferroviaires à désigner sous le nom d'East Broughton Station l'autre gare se trouvant dans le même canton.
Les bureaux de poste ont, de leur côté, adopté les mêmes désignations, dès 1872 dans le cas d'East Broughton.
La forme francisée Broughton-Est, utilisée quelquefois surtout dans les années 1940, ne s'est jamais vraiment imposée
dans l'usage. Depuis 1994, la municipalité d'East Broughton a recouvré le territoire de la municipalité du village
d'East Broughton Station.
Deux explications principales ont été avancées quant à l'origine du nom, l'une portant sur
l'emprunt à l'appellation d'une localité du Lancashire anglais, l'autre, peu probable, voulant qu'il s'agisse du navigateur
William Robert Broughton (1763-1822), compagnon de George Vancouver en 1791.
Source: Noms et lieux du Québec