À 320 km au nord-est de Québec et à environ 100 km au sud-ouest de
Baie-Comeau, près de Sainte-Anne-de-Portneuf sur la Côte-Nord, en face de Rimouski, se dresse
la ville de Forestville, anciennement identifiée de manière parallèle comme Sault-au-Cochon,
car elle est située à l'embouchure de la rivière du Sault aux Cochons.
Le premier village a été
ouvert en 1844, grâce à la construction d'une scierie par Edward Selvin, des Éboulements; elle fut
vendue à William Price dès 1849. Entre 1870 et 1890 cette entreprise connut une phase de prospérité,
puis vint le déclin, vers 1885, jusqu'à la fermeture en 1890. Il faudra attendre jusqu'en 1937 pour que
l'industrie forestière prenne un nouvel essor avec l'Anglo Pulp Company.
Par la suite, étaient érigées
la ville de Forestville, en 1944, et la municipalité de Saint-Luc-de-Laval, en 1950, qui fusionnent en 1980
pour former la nouvelle ville de Forestville. Pour sa part, la paroisse de Saint-Luc voyait son existence
reconnue par les autorités religieuses en 1945. Ce serait la mémoire de Grant William Forrest, surintendant
un temps de la compagnie Price Brothers, que l'on aurait voulu honorer en accolant à son patronyme le
suffixe -ville pour former la dénomination portée par le bureau de poste en 1937.
Cette compagnie a déjà
possédé de très vastes lots dans le territoire concerné. On relève sporadiquement la graphie Forrest-Ville,
plus authentique avec son redoublement du r. L'arpenteur P.-H. Dumais écrit en 1873 : «le petit village de
Forrest-Ville avec sa chapelle et ses moulins», mais la version anglaise de ce texte comporte la graphie
Forestville. Les deux r figurent dans le nom du Lac Forrest et du Petit lac Forrest qui célèbrent le même personnage.
Les Forestvillois jouissent d'un panorama magnifique puisque leur ville donne sur le fleuve, large de plus de 40 km
à cet endroit. Pour marquer que la forêt demeure la clef de voûte de l'économie locale, la devise Per sylvam, à travers
la forêt, a été adoptée par les autorités municipales.
Source: Noms et lieux du Québec