La situation géographique de cette municipalité, au nord de Montréal, entourée
de nombreux lacs, sur la rivière Saint-Esprit, avant les contreforts des Laurentides, entre Saint-Esprit,
au sud, et Rawdon, au nord, se révèle privilégiée puisqu'elle occupe le point de contact entre les
basses-terres du Saint-Laurent et les basses Laurentides.
Les premiers Juliennois originaires de
Lachenaie et de Saint-Sulpice ainsi que de Saint-Jacques-de-l'Achigan s'installent sur le territoire vers
1840. En 1848, celui-ci est détaché du canton de Rawdon et de la paroisse de Saint-Ours-du-Saint-Esprit
pour former la paroisse de Sainte-Julienne-de-Rawdon, qui donnera naissance, en 1855, à une
municipalité de paroisse homonyme.
Toutefois, et en dépit de l'apparition de la dénomination
Sainte-Julienne dès 1844, la forme Village Beaupré subsistera jusque vers 1870 pour identifier
également l'endroit. Joseph-Édouard Beaupré (1817-1880), premier maire de Sainte-Julienne (1855-1873),
préfet du comté de Montcalm (1856-1880), est considéré comme le fondateur de Sainte-Julienne.
En plus d'avoir fait bâtir la première scierie en ces lieux, il fit don du terrain pour la construction de la
chapelle. Constatant qu'il n'existe qu'une seule municipalité dénommée Sainte-Julienne au Québec
et que la précision -de-Rawdon apparaît inutile, les autorités municipales font modifier, en 1967, le
nom municipal en Sainte-Julienne.
Cependant, les responsables des postes avaient déjà pris l'initiative,
en 1853, avec la création du bureau de poste de Sainte-Julienne. On relève aussi de nos jours le nom
de Sainte-Julienne-de-Montcalm. On doit l'appellation paroissiale à monseigneur Ignace Bourget qui
désirait honorer sainte Julienne Falconieri (1270-1341), dont la dévotion à Notre-Dame des Sept Douleurs
était très fervente et qu'il partageait entièrement. À 14 ans, Julienne Falconieri entre dans le tiers ordre des
Servites et fondera, plus tard, une communauté religieuse vouée à l'éducation des enfants et au soin des
malades.
Les religieuses de ce groupement sont dénommées Mantellates ou Mantellées, car elles portent un grand manteau.
Sainte Julienne, canonisée en 1737, sera élue supérieure de la communauté en 1306. Quant au constituant
Rawdon, qui figure dans le nom d'origine, il marque l'appartenance de l'endroit au canton de Rawdon proclamé
en 1799. Ce nom rappelle soit Francis Rawdon, marquis de Hastings (1754-1826), soit un village du Yorkshire anglais.
Source: Noms et lieux du Québec