Si cette municipalité porte le nom de la paroisse qui lui a donné naissance
dans Dorchester, elle a d'abord été érigée en 1869 à titre de municipalité du canton de Langevin, parce
que son territoire faisait partie à la fois des cantons de Langevin et de Ware.
Proclamé en 1862, le canton
de Langevin célèbre les mérites de sir Hector-Louis Langevin (1826-1906), homme politique québécois,
député du comté de Dorchester d'alors en 1858 et ministre des Travaux publics du Canada (1879-1891).
En 1891, la municipalité du canton de Langevin cesse d'exister par suite de l'érection de la municipalité de
la paroisse de Sainte-Justine -- statut modifié en celui de municipalité en 1993 --, laquelle reprend la dénomination
de la paroisse fondée en 1860 par des gens en provenance de Saint-Charles-de-Bellechasse, Sainte-Claire,
Saint-Anselme, Beauceville, et érigée canoniquement en 1890.
Étant donné que cette dernière a été desservie
par les Pères Trappistes de 1862 à 1872, on l'a d'abord identifiée comme la paroisse de
Notre-Dame-de-la-Trappe-du-Saint-Esprit. Le nom de Sainte-Justine évoque Marie-Justine Têtu
(1833-1882), fille du lieutenant-colonel de la Milice et marchand de Québec, Charles-Hilaire Têtu.
Elle a épousé, en 1854, sir Hector-Louis Langevin, député de Dorchester (1857-1867) à la Chambre
d'assemblée du Canada-Uni, circonscription à laquelle appartient Sainte-Justine. Maire de Québec en
1858, il sera l'homme fort des Conservateurs québécois sous l'Union et après 1867.
Malgré un sol
pierreux peu propice à l'agriculture, la vocation agricole et forestière se révèle caractéristique de l'économie locale.
Située à 100 km de Lévis, à l'extrémité sud-est de l'ancien comté de Dorchester, à une quinzaine de kilomètres
à l'est de Lac-Etchemin, Sainte-Justine voit son relief composé de buttes et de collines aux pentes peu accentuées,
sur le plateau appalachien.
Les Justiniens comptent deux gloires locales dont ils sont fiers à juste titre,
Gatien Lapointe (1931-1983), poète au verbe chatoyant, auteur, entre autres, de l'Ode au Saint-Laurent (1963) et Roch Carrier, romancier né en 1937 dont l'ouvrage le plus
célèbre est La Guerre, yes sir! (1968).
Source: Noms et lieux du Québec