Cette municipalité de la Beauce -- autrefois dans le comté municipal de Dorchester et
aujourd'hui rattachée à la MRC des Etchemins --, bornée à l'est par la frontière qui sépare le Québec du Maine,
a été implantée à 100 km à vol d'oiseau au sud-est de Québec, au sud de Sainte-Aurélie. Son relief accidenté
varie entre 335 m et 610 m.
Le lac Falardeau et la rivière Metgermette Nord constituent les principales entités
hydrographiques du territoire. Les premiers établissements remontent à 1873 alors qu'une société parisienne,
la compagnie Franco-Canadienne, sous l'impulsion de Victor Vannier, encourage la venue de colons français en
Beauce. Le chemin des Français rappelle le sentier parcouru par Vannier et quinze Français pour se rendre à
Saint-Zacharie cette année-là. Bientôt découragés par l'immense labeur nécessaire au défrichement et par la
rudesse du climat, plusieurs quittent l'endroit.
En 1875, il ne reste que trois familles et en 1877 Victor Vannier
est seul, rejoint l'année suivante par un groupe de colons de la Beauce québécoise. Fondée en 1873, la paroisse
de Saint-Zacharie, couramment désignée à l'époque sous le nom Saint-Zacharie-de-Metgermette, fera l'objet d'une
érection canonique et civile en 1888.
La municipalité du canton de Metgermette-Nord, créée en 1886, prendra
le nom de la paroisse et du bureau de poste (1882) en 1932. Les Zacharois doivent leur gentilé au père oblat
Zacharie Lacasse (1845-1921), missionnaire à Betsiamites (1873-1881) et employé à l'oeuvre de colonisation
(1881-1883). Il fournira à Normandin et à Saint-Zacharie, où il vient en 1881, ses pionniers.
Le canton de
Metgermette-Nord, proclamé en 1885, porta une appellation abénaquise que l'on rattache généralement à
metgermekw, malheur, malchance, et d'abord attribuée à une rivière et à un lac. En 1961, une partie de la population
zacharoise décide de former une entité municipale à part entière et la municipalité du village de Saint-Zacharie
est détachée de celle de la paroisse.
Le motif de cette création tient à la centralisation des écoles qui a entraîné le transport des élèves habitant les rangs plus éloignés.
Leurs parents ont alors réclamé la mise sur pied d'une municipalité autonome qui comporterait ses propres
institutions scolaires, démarche assez rapidement couronnée de succès. Cependant, en avril 1990 les deux
entités municipales étaient à nouveau réunies pour former l'actuelle Saint-Zacharie. La terre rocailleuse a toujours
rendu l'agriculture pénible à cet endroit, favorisant plutôt l'exploitation forestière.
La chasse et la pêche y sont
également largement pratiquées. Sur le plan économique, Saint-Zacharie se caractérise par une certaine
diversité axée principalement sur l'industrie du sciage à laquelle se greffent maints commerces et entreprises
de services.
Historiquement, le mouvement coopératif y a joué un rôle significatif tant dans le domaine financier
qu'agricole, dans celui des assurances aussi bien que de la consommation.
Source: Noms et lieux du Québec