Dotée d'un décor exceptionnel fait de montagnes et d'eau, de roc et de verdure,
cette municipalité de village, implantée à 222 km au nord-est de Québec, constitue le seuil de la région de
Manicouagan et l'entrée du fjord du Saguenay, tout près de Sacré-Cœur et de Bergeronnes, sur la rive gauche
de l'estuaire du Saint-Laurent. Dès les temps anciens, l'endroit était connu.
Dénommé par les Amérindiens
montagnais Totouskak, pluriel de totouswk ou totochak, mamelles, allusion à deux collines rondes et sablonneuses
situées du côté ouest du village, ce lieu a vu son nom susciter plusieurs interprétations allant d'à l'endroit
où la glace est brisée (père Charles Arnaud) au montagnais shashuko, endroit aux homards. Il pourrait s'agir
aussi du micmac Gtatosag, entre les rochers, car même si l'endroit est situé en territoire montagnais,
il était connu et fréquenté par les Micmacs dès la seconde moitié du XVIe siècle.
Parallèlement,
différentes graphies comme Tadousac (XVIIe et XVIIIe siècles), Tadoussak, Thadoyzeau (adaptation
graphique notée vers 1550 par André Thevet) ont pu être relevées. Jacques Cartier y vient en 1535,
lors de son deuxième voyage, et constate que les Montagnais pêchent le loup marin. Également au XVIe
siècle, les Basques y chassent la baleine et l'on peut soutenir que, vers 1580, le commerce des fourrures
y est florissant. En 1600, Pierre Chauvin y bâtit une maison, aujourd'hui reconstituée, établit la traite
des fourrures et fonde vraiment Tadoussac. En 1603, c'est au tour du fondateur de Québec d'aller en ces
lieux où dès 1615 la mission de L'Exaltation-de-la-Sainte-Croix-de-Tadoussac, nommée ainsi en souvenir
d'une croix plantée par Jean de Quen, est fondée par les Récollets qui y chantent la première messe en 1617.
Les frères Kirke prendront le poste de Tadoussac en 1628.
L'année 1646 marque la construction de la première
chapelle utilisant la pierre locale et des briques apportées de France par le père Coquart. Par ailleurs,
la Relation de cette année-là signale que l'endroit est connu des Indiens sous le nom de Sadilege. Au début du XIXe siècle, la haute bourgeoisie
québécoise y érigera nombre de villas et, en 1864, un vaste hôtel sera construit pour exploiter les paysages
admirables du Joyau du Québec. Attesté au début du XVIe siècle, le nom Tadoussac identifie le bureau de poste
ouvert en 1851, le canton proclamé en 1855, la municipalité de village créée en 1899 et la municipalité de
paroisse établie en 1937, mais dissoute en 1949 parce qu'elle comptait moins de 500 habitants.
Les Tadoussaciens tirent leur subsistance du tourisme (excursions pour observer les baleines;
descentes à ski sur des collines de sable; paysages superbes). On y trouve une importante station
piscicole du gouvernement québécois axée sur l'élevage de la ouananiche et du saumon anadrome.
Source:
La Commission de toponymie Noms et lieux du Québec dictionnaire illustré également disponible en version imprimée.