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Ville : Sherbrooke

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Sherbrooke
(Région tourististique : Cantons de l'est - 08)

La nouvelle ville de Sherbrooke a été créée le 1er janvier 2002. Elle est issue du regroupement des municipalités d'Ascot et de Deauville, des villes de Bromptonville, de Fleurimont, de Lennoxville, de Rock Forest et de Sherbrooke ainsi que de la majeure partie de la municipalité de Saint-Élie-d'Orford. Le texte qui suit est celui qui avait été rédigé pour décrire l'ancienne ville de Sherbrooke; nous vous invitons à consulter aussi les rubriques des autres anciennes municipalités. Sise au confluent des rivières Saint-François et Magog, bornée au nord-est par Fleurimont et au sud-est par Lennoxville, la ville estrienne de Sherbrooke est distante de 235 km de Québec et de 150 km de Montréal.

Sa position géographique au carrefour des routes principales et des voies ferroviaires, son développement rapide du point de vue industriel, commercial, politique, social, culturel et religieux lui ont valu le titre mérité de Reine de l'Estrie ou des Cantons-de-l'Est. Au début du XVIIIe siècle, les Abénaquis dénommaient l'endroit Shacewanteku, où l'on fume, car ils s'arrêtaient au confluent de Pskasewantekw (la Magog) et d'Alsigôntekw (le Saint-François) pour se reposer. De 1724 à 1800 environ, les Français identifieront les lieux comme le Grand Portage ou Sault. Puis on parlera des Grandes-Fourches ou Fourches-d'en-Haut, en regard des Petites-Fourches ou Fourches-d'en-Bas (Lennoxville, à la confluence de la Massawippi et du Saint-François), appellations évidemment traduites en Great Forks/Big Forks en regard de Little Forks/Lower Forks et ce, jusqu'en 1818.

L'appellation abénaquise Ktinékétolékouak, grandes fourches, réduite à Ktiné, peut également être relevée. De nos jours, les Abénaquis ont recours à la forme Nikitotegwak, à la rivière qui fourche, pour identifier l'endroit. Vers 1820, la dénomination Sherbrooke commence à s'imposer avec la création du bureau de poste en 1819 et de la municipalité de village en 1823, devenue ville en 1839, en 1852 selon certaines sources. En adoptant l'appellation Sherbrooke, on voulait rendre hommage à sir John Coape (1764-1830), qui porte le nom Sherbrooke, étant donné que son père, William, l'a adopté lors de son mariage avec Sarah, l'héritière de Henry Sherbrooke d'Oxton. Lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 1811, il a participé à la guerre de 1812-1814.

Nommé gouverneur en chef des colonies britanniques d'Amérique du Nord en 1816, il serait venu en ces lieux l'année suivante, ce qui aurait inspiré le changement de nom. Il devait se montrer particulièrement conciliant à l'endroit des francophones d'alors et, en 1818, il permettra aux colons des fourches du Saint-François d'appeler leur village Sherbrooke. Historiquement, le premier «Sherbrookois» serait un certain Jean-Baptiste Nolain, agriculteur, en 1779. Puis, Gilbert Hyatt, loyaliste d'Arlington au Vermont, obtiendra avec ses frères Joseph, Cornelius et une vingtaine d'associés le canton d'Ascot en 1791. Colonisé à partir de 1793, l'endroit aurait été le site d'un premier moulin en 1795, puis en 1802, construit par Gilbert Hyatt au confluent de la Magog et du Saint-François, au lieu-dit Les Grandes-Fourches, baptisé un temps Hyatt's Mill. Après 1850, on assiste à la venue massive de Canadiens français qui seront à l'origine d'un début d'industrialisation, notamment dans le domaine des textiles.

Ce peuplement a été facilité par l'arrivée, en ces lieux, du chemin de fer, de telle sorte que Sherbrooke est devenue un centre ferroviaire important et cela a profité à son développement. La liaison ferroviaire Lévis (Québec)–Sherbrooke (Quebec Central), inaugurée le 18 octobre 1881, fut tout aussi importante que celle du Grand Tronc (Montréal–Portland). Toutefois, en 1861, plus des trois quarts de la population évaluée à 3 000 habitants est anglophone. Bientôt la métallurgie et le travail du bois prendront de plus en plus d'ampleur. À la fin du XIXe siècle, l'industrie du tabac connaîtra une certaine vogue. La longue tradition anglophone locale et un contact constant avec une population de langue anglaise expliquent sans doute la prononciation à l'anglaise [cheurbrouc] du nom de leur ville par la plupart des francophones sherbrookois. Sherbrooke compte un évêché (1874), un archevêché (1951), une université de renom (1954) ainsi que plusieurs services et établissements administratifs qui en font une importante métropole régionale. Cette ville a conclu un accord de jumelage avec le Canton de Vaud en Suisse et Halifax en Nouvelle-Écosse.


Source:
La Commission de toponymie
( Noms et lieux du Québec dictionnaire illustré également disponible en version imprimée. )

 





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